Inspirée par le livre d’Erin Niimi Longhurst, L’art de vivre à la japonaise, cela fait maintenant plusieurs mois que j’avais envie d’écrire un article sur la simplicité japonaise, ou comme le titre de cet article l’indique : Le zéro déchet façon Japon !

Le livre d’Erin Niimi Longhurst parle plus largement de l’art de vivre, elle y parle de l’art de la calligraphie, de la cérémonie du thé, explique ce qu’est l’ikigai, l’alimentation japonaise, etc.
Mais ce qui m’a le plus touchée, c’est la philosophie de vie globale que l’on y découvre, qui pour moi est en totale cohésion avec un mode de vie zéro-déchet (vers lequel j’essaie tous les jours de tendre un peu plus).

Je vous propose donc aujourd’hui de découvrir 5 astuces japonaises zéro-déchet !

Le Wabi-sabi

Le Wabi-sabi ou “la beauté de l’imperfection et de l’impermanence” est à la fois une vision du monde et un art de vivre. Et c’est là la base de notre reflexion 🙂

Le mot wabi renvoi au sentiment de solitude lorsque l’on est en pleine nature, à la simplicité, la dissymétrie. Le mot sabi, lui renvoi à l’altération par le temps, la beauté de l’âge, les marques du temps passé. En somme, il s’agit de reconnaitre et ressentir la beauté des choses imparfaites, éphémères et sobres.

Le wabi-sabi appliqué à un espace de vie est un lieu minimaliste, simple, où l’on se sent bien, avec des matières rappelant la nature, quelques rayures et tâches par-ci par là évoquant la vie de ses habitants, des objets avec une histoire (qui vous est personnelle), …

En résumé, on est loin d’un intérieur ikéa 🙂

Le Kintsugi

Le kintsugi est l’art de réparer les poteries et céramiques avec de la laque dorée.
Lorsque l’on casse un objet, comme un vase ou une assiette, le kintsugi offre 3 options : combler la fissure (hibi), remplacer par de l’or le morceau casser (kake no kintsugi rei) ou réaliser un patchwork avec d’autres  morceaux (yobi tsugi). 

Le kintsugi est avant tout une manière de voir ce qui nous donne de la force, par ce que l’on a l’habitude de voir comme des faiblesses. Accepter les batailles que nous avons livrer, célébrer nos cicatrices, apprécier les pertes et les déceptions qui nous ont certes blessé, mais qui font ce que nous sommes aujourd’hui.

Et vous allez me dire : tout ça c’est bien beau Jennifer, mais concrètement ?
(parce que l’on est ici pour parler zéro-déchet non?)

Et bien concrètement, le kintsugi nous invite à avoir une consommation plus consciente et réfléchie, à ne pas acheter la dernière paire de boucles d’oreilles à la mode, à se demander si l’on a vraiment besoin de ce sac à main, à se demander : qu’est-ce que cet objet va m’apporter?
Et surtout, à prendre soin de ce que l’on possède déjà, à redécouvrir leur beauté, et ce pourquoi pas en les réinterprétant.

  • Vous n’aimez plus votre paire de collants ? Faites en une éponge !
  • Marre de ce t-shirt à pois ? Transformer le en sac à vrac !
  • Vous n’aimez plus votre canapé ? Recouvrez-le d’un nouveau tissus !
  • Ce bol ne vous plait plus ? Peignez-le et transformer-le en pot de fleur à plante grasse !
  • Etc

La boite Bento

Son origine remonte à l’ère Kamakura (1185 à 1333), à ses débuts la boite bento était en bois laqué et contenait un repas équilibré pour une personne : 40% de riz, 30% de protéines, 20% de légumes et 10% de légumes macérés, correspondant également à une harmonie de saveurs.

Aujourd’hui on la retrouve sous plusieurs formes, matières et couleurs. Pour ma part, je préfère sa version en acier inoxydable ou en bois, que l’on accompagnera de couvert eux aussi réutilisables bien sur !

Si l’achat d’une boite bento ne vous convient pas, on peut également utiliser d’anciens bocaux en verre pour créer ses propres “tupperware”, dans lesquels on viendra mettre son plat du jour, tout simplement.

Le Furoshiki

Le furoshiki est une technique d’emballage traditionnelle permettant de tout envelopper et tout transporter. Dans la limite du raisonnable bien entendu! Son utilisation telle qu’on la connait aujourd’hui remonte aux produits de toilette que l’on transportaient aux bains publics dans un petit foulard noué. Tombé en désuétude pendant l’après-guerre, le furoshiki revient en force ces dernières années dans un souci environnemental.

Comme je le disais, avec le furoshiki on peut tout transporter, et pour cela il existe plusieurs types de nouages : le bin-zutsomi pour emballer une bouteille, le maki-zutsumi pour un objet cylindrique, le suika-zutsumi pour un objet rond, etc
Vous pouvez retrouver l’ensemble de ces techniques très bien expliquées sur pinterest sous formes de photos et illustrations ou sur Youtube.

Vous l’aurez compris, le furoshiki se place aujourd’hui comme un objet simple, utilise, esthétique, original et surtout… réutilisable !

L’avantage du furoshiki est sa double fonction. Si vous choisissez un joli tissus pour emballer un cadeau de Noël par exemple, la personne qui le recevra, au lieu de jeter son papier cadeau comme d’habitude, aura deux cadeaux ! Elle pourra soit les réutiliser en tant qu’emballage (glisser lui un mode d’emploi à l’intérieur 😉 ), soit l’utiliser en décoration, en headband, en foulard, etc

Le Tawashi

Le tawashi est une sorte de petite éponge réalisée à la main avec du tissus de récup’: collants, t-shirt ou tout vieux tissus dont vous n’avez plus besoin, mais privilégiez des matières naturelles 😉
Il peut être tricoté, crocheté ou tissé.

On le retrouve le plus souvent dans la cuisine pour nettoyer sa vaisselle, mais on peut aussi l’utiliser pour nettoyer le visage et le corps dans ce cas il vaut mieux utiliser une matière plus douce comme le coton.

Si vous êtes douée en couture , l’avantage est que vous pourrez créer une forme originale pour votre tawashi (carré, rond, en forme de rosace, de fleur…) Pour celles qui ont moins de temps il existe une technique plus simple pour en réaliser grâce à une petite planche et quelques clous.
Vous retrouvez de nombreux tutos sur pinterest et Youtube.

Lors de la réalisation, n’oubliez pas de leur ajouter un petit nœud pour pouvoir les suspendre (ils sécheront plus facilement !) et faites-en plusieurs pour pouvoir alterner pendant que les autres sèchent  (3 devraient suffirent amplement).

Le Binchotan

Le binchotan ou charbon blanc est une variété de charbon de bois traditionnelle japonaise. Utilisé depuis l’ère Edo, il permet de purifier l’eau du robinet et lui apporte des minéraux tels que le calcium, le fer et le magnésium. Il suffit d’en mettre un morceau dans une carafe et d’attendre quelques heures.

Le binchotan est une alternative naturelle, biodégradable et économique.
On peut donc dire adieu aux bouteilles en plastique et à la carafe Brita (elle aussi en plastique!).



J’espère que cet article t’a plu 🙂 Et toi, quelles sont tes astuces zéro-déchet ?